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Language Examinations L'Académie de France à Rome, créée en 1666 à linitiative conjuguée de Lebrun et de Colbert, a reçu depuis cette date les lauréats peintres, sculpteurs, graveurs, architectes et compositeurs. Jusqu'en 1968 l'Académie des Beaux-Arts, composante de l'Institut de France décernait les Prix de Rome. En composition musicale les candidats, qui devaient avoir moins de trente ans, se
présentaient à des épreuves successives : (1) Épreuve préliminaire: écrire une
fugue.(2) Concours d'essai: écrire une oeuvre pour choeur sur un texte imposé. (3)
Épreuve principale: écrire une cantate sur un texte imposé. Cette épreuve était une mise
en loge qui, à certaines époques, a duré jusqu'à un mois. Au début du concours, le Premier Grand Prix de Rome était invité à séjourner jusqu'à cinq années à Rome. On attendait de lui la production d'une oeuvre importante par an. À partir du début du XXe siècle, le premier lauréat séjournait deux ou trois ans à la Villa Médicis. Mais, selon les années, un second ou plusieurs Seconds Prix étaient décernés, le « premier Second Prix » bénéficiant d'un séjour de moindre durée à Rome. Hector Berlioz, qui a réussi à obtenir non sans peine en 1830 un Premier Grand Prix, a le premier sérieusement critiqué le Prix de Rome, notamment en dénonçant la compétence du jury : sur 40 membres, seulement 5 musiciens ! Il s'en est longuement expliqué dans ses mémoires. À propos d'un passé moins lointain, on entend dire parfois que « Maurice Ravel n'a jamais obtenu le Prix de Rome ». C'est une demi-vérité qui contribue encore aujourd'hui à ancrer dans les esprits égalitaristes l'idée selon laquelle les épreuves intellectuelles ou les concours conduisent à des récompenses injustes, ou sont malsains par nature (sauf dans le sport, naturellement car le sport c'est sérieux, comme chacun sait ). En fait, lors de multiples essais, Ravel a obtenu un « deuxième Second Prix » mais, sachant ce que sont les jurys, même quand ils ne sont pas académiques, s'indigner de cette place de troisième pour Ravel serait comme s'indigner aujourd'hui du second prix décerné à David Oistrakh au concours international Wieniawsky, en Pologne, alors que la jeune et talentueuse Ginette Neveu remportait le premier prix, perdant la vie peu après dans un accident d'avion. Ce qu'il faut surtout retenir, c'est que tous ces Prix de Rome sont des gens qui
ont atteint un sommet dans la maîtrise de leur art. Qu'ils aient eu ensuite, ou non, une
carrière fulgurante de compositeur, c'est tout à fait un autre sujet. |